Mission Comet Interceptor : Nice prépare la comète que l'Europe n'a pas encore trouvée

Des instruments français livrés à l'ESA, tandis que le laboratoire Lagrange de Nice simule la comète cible pour la future mission spatiale.

Image générique d'une sonde spatiale futuriste dans l'espace lointain, avec une comète indistincte en arrière-plan.
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Image générique d'une sonde spatiale futuriste dans l'espace lointain, avec une comète indistincte en arrière-plan.

Les instruments français COMPLIMENT et LEES, essentiels à la mission Comet Interceptor de l'Agence spatiale européenne, ont été livrés. À Nice, le laboratoire Lagrange joue un rôle clé dans la préparation scientifique, notamment par la simulation de comètes virtuelles.

Les instruments français COMPLIMENT et LEES, développés à Orléans et Toulouse, ont été livrés à l'Agence spatiale européenne pour la mission Comet Interceptor. Le laboratoire Lagrange de l'Observatoire de la Côte d'Azur à Nice est co-responsable scientifique de l'instrument COMPLIMENT. Parallèlement, l'équipe niçoise développe des comètes numériques sur supercalculateur pour anticiper les observations de la sonde, dont la cible n'est pas encore connue.
L'instrument COMPLIMENT mesurera en continu le plasma environnant la comète lors du survol. Il analysera la quantité et la température des électrons et ions, la charge électrique du satellite, le champ électrique, les ondes, le rayonnement ultraviolet solaire, ainsi que les impacts des fines poussières cométaires, vestiges de la formation du système solaire.
La mission Comet Interceptor, lancée fin 2028 ou début 2029, attendra au point de Lagrange L2 que se présente une comète dite dynamiquement nouvelle, venue des confins du Système solaire. Ces comètes, quasi intactes, ne sont repérées que quelques mois avant leur passage près du Soleil, trop tard pour construire une sonde. Le travail de simulation à Nice est donc crucial pour préparer l'interprétation des données qui seront acquises lors d'un survol unique.
Le code Menura, développé au laboratoire Lagrange, simule l'interaction entre le vent solaire et le milieu interplanétaire. Il a permis de montrer que la dynamique du vent solaire érode la queue cométaire par à-coups, surestimant de moitié la densité de matière prévue. La comète virtuelle devient ainsi un laboratoire préparatoire essentiel.
L'expertise niçoise s'étend au projet Plasma-PEPSC 2, un centre d'excellence européen de simulation des plasmas sur supercalculateur, coordonné par l'Institut royal de technologie KTH à Stockholm. Le laboratoire Lagrange est le seul partenaire français, apportant son expertise sur deux codes numériques et faisant le lien entre le calcul haute performance et les missions d'exploration européennes comme BepiColombo et JUICE.
Les mécanismes étudiés autour des comètes sont similaires à ceux observés autour de Mars et Vénus, et la turbulence affecte également la formation du choc en amont de la Terre et de Mercure. Le travail se poursuivra à Nice pour préparer la mission, même après son lancement.
Information rédigée à partir de la source officielle : Observatoire de la Côte d'Azur (15/10/2026)