Le pôle études de la CCI métropolitaine Aix-Marseille-Provence, CCI VisionEco, a publié les résultats de son étude de conjoncture semestrielle. Pour le premier semestre 2026, l'économie métropolitaine a été directement affectée par le conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz, provoquant une augmentation des coûts de l'énergie et des carburants.
Le solde d'opinion sur le chiffre d'affaires s'établit à –17 points, indiquant un ralentissement de la dégradation plutôt qu'un redressement. Si l'industrie et le commerce de gros montrent une légère amélioration, le BTP, le commerce de détail et la restauration sont en difficulté. Les finances des entreprises sont particulièrement touchées, avec des soldes d'opinion négatifs pour la marge (–31 points) et la trésorerie (–34 points), affectant 42 % des structures. L'attractivité du territoire reste cependant préservée pour 57 % des dirigeants.
Malgré une hausse de 10,5 % des créations d'entreprises, notamment dans la micro-entreprise (+17 %), les défaillances demeurent élevées, avec 1 810 établissements en procédure collective menaçant 9 600 emplois.
Les perspectives pour le second semestre 2026 sont marquées par un pessimisme croissant. Les prévisions d'indicateurs économiques restent orientées à la baisse, sous l'effet des surcoûts énergétiques, d'une demande atone et d'incertitudes persistantes. Le solde d'opinion sur le chiffre d'affaires est attendu à –16 points. Les carnets de commandes sont dégradés dans le BTP (–26 points) et le commerce de gros (–24 points). Les anticipations de trésorerie restent négatives (–18 points) et l'investissement à –9 points, plombé par la construction. L'emploi se détériore avec un solde à –10 points, 19 % des entreprises prévoyant des réductions d'effectifs.
La confiance des chefs d'entreprise envers leur propre structure diminue (46 % contre 54 % précédemment), tandis que la confiance envers l'économie française et mondiale s'effondre à 10 %.
Les principaux freins locaux à l'activité sont la fiscalité et les taxes locales (58 % des dirigeants), suivis par la pénurie de main-d'œuvre (38 %) et la lourdeur administrative (31 %). La transmission d'entreprise est un enjeu majeur, près d'un dirigeant sur cinq envisageant de céder sa structure, mais les opérations se heurtent à la rareté des repreneurs (37 %) et aux restrictions de crédit (33 %).
Les TPE-PME signalent des trésoreries sous haute tension. Dans la cosmétique, l'activité replie sous le poids des crises internationales et d'une chute des exportations vers les États-Unis. Le BTP s'enfonce dans la crise avec une baisse des autorisations de construire et des pertes d'emplois. La chimie souffre d'une surcapacité et demande une énergie bas-carbone compétitive. La propreté voit sa croissance freinée par l'érosion des marges. L'intérim recule, plombé par le BTP et l'industrie.




