Comment assurer la survie d'une plante rare et menacée dans les milieux côtiers dégradés ? C'est la question étudiée chez Astragalus tragacantha, un buisson épineux présent principalement sur le littoral méditerranéen du sud-est de la France. Près de 90 % des individus recensés se trouvent dans le Parc national des Calanques, au sud de Marseille, où les populations sont soumises à une forte pression humaine.
Dans le cadre du projet européen LIFE Habitats Calanques, des transplantations ont été réalisées sur dix sites du Parc national afin de renforcer les populations existantes ou de réintroduire des populations le long de sa répartition littorale.
Publiée dans la revue Ecological Engineering, une étude menée par Lucie Miché et ses collaborateurs révèle, après 53 mois de suivi, un taux de survie moyen de 26 %, avec de fortes différences entre les sites.
Ainsi, les plants survivent mieux dans les microhabitats rocheux, tandis que les sols plus riches favorisent leur croissance. Dans ces derniers, la concurrence exercée par les plantes herbacées semble toutefois limiter leur survie.
Ces résultats soulignent l’importance de prendre en compte les conditions écologiques à une échelle très locale pour réussir les opérations de transplantation. Au-delà de la survie des plants, le choix des microhabitats doit également favoriser leur développement et leur reproduction, afin de contribuer durablement à la conservation de cette espèce menacée.
Cette collaboration entre scientifiques, gestionnaires et décisionnaires a permis d’apporter des indicateurs essentiels pour mieux cibler les opérations de restauration écologique et renforcer l’efficacité des actions de conservation en faveur des plantes menacées.




