Réunie au Palais de la Bourse, l'étude a mobilisé 130 industriels, collectivités, services de l’État, fédérations professionnelles, opérateurs de l’emploi et de la formation, ainsi que le monde académique. L'objectif est d'anticiper les besoins pour la réussite de la transition écologique industrielle.
Pour Jean-Luc Chauvin, Président de la CCI métropolitaine, « l’industrie du territoire s’apprête à offrir des métiers bien rémunérés et porteurs de sens ». Il souligne l'importance de ne pas rater le virage de l'énergie et des compétences.
Portée durant 18 mois avec le soutien du Fonds pour une Transition Juste de l’Union Européenne, « Attractiv’Industrie » a analysé l'impact de la décarbonation sur les emplois et compétences industriels des Bouches-du-Rhône. L'approche a inclus des études sectorielles et une analyse des transformations des métiers et de l'offre de formation, élargie aux problématiques d'attractivité des talents, de mobilités et de logement.
Dans le département, l'industrie représente 87 000 emplois et 3 600 établissements. Elle fait face à une concurrence internationale accrue, des prix de l'énergie élevés et à 20 000 départs en retraite d'ici 2036.
Des entreprises comme Marcegaglia, repreneur de l'ex-usine Ascometal à Fos, annoncent 700 emplois supplémentaires pour moderniser ses installations. Jacques-Yves Le Floch, directeur de Marcegaglia, mentionne des recrutements d'ingénieurs, cadres et techniciens, tout en soulignant l'essor de l'intelligence artificielle et les enjeux de compétences sur les chantiers.
Stéphane Bergamini (France Chimie Méditerranée) évoque la recherche de spécialistes climatiques et de l'efficience énergétique, tandis qu'Arthur Leroux (Enogia) confirme que la décarbonation impliquera de nouvelles expertises et une mobilité internationale.
Gilles Odone (RTE Méditerranée) relève des manques dans le transport d'énergie et la conduite des procédures. Benjamin Perdreau alerte sur la nécessité de travailler l'attractivité des métiers auprès des jeunes et des personnes en reconversion.
L'étude cible la sécurisation des compétences pour l'exploitation et la maintenance, face aux départs en retraite et aux concurrences intersectorielles. Des métiers comme tuyauteurs et soudeurs enregistrent des tensions de 75 à 100%. L'accélération de l'alternance, l'adaptation des formations et l'ouverture à de nouveaux viviers, notamment les femmes, sont préconisées.
Les acteurs réclament une coopération élargie et la levée des freins périphériques à l'emploi, tels que la mobilité ou le logement. Le Projet Partenarial d’Aménagement (PPA) de Fos-Berre progresse, avec 70% des actions engagées selon Pierre Franc.
Pour favoriser la découverte des métiers, des plateformes numériques comme « Forindustrie » et des immersions en entreprise sont déployées. Sébastien Ricci souligne l'importance de « toucher, voir et comprendre » l'industrie. Les « préparations opérationnelles à l’emploi » atteignent un taux de retour à l'emploi de 87%.
Laurent Lucchini (Rectorat) invite les industriels à s'appuyer sur les « bureaux des entreprises » des lycées professionnels. Philippe Delhoume (Région Sud) suggère d'intégrer les certifications indispensables à l'exercice d'un métier industriel directement dans la formation.
Jean-Luc Chauvin voit l'industrie comme « une chance » pour le territoire, générant emplois, investissements et rayonnement. Le préfet de région, Jacques Witkowski, évoque une « force de frappe » pour relever les défis climatiques et énergétiques, annonçant l'organisation de la zone de l'étang de Berre en Opération d’Intérêt National d'ici fin 2026.




