L'exposition à certaines bactéries pendant le développement larvaire chez la Drosophila (mouche du vinaigre) peut façonner la réponse gustative adulte à un composant majeur des parois cellulaires bactériennes : le peptidoglycane. C'est la conclusion d'une recherche menée par Romane Milleville, doctorante dans l'équipe du Professeur Julien Royet à l'Institut de Biologie du Développement de Marseille (IBDM), en collaboration avec le CSGA de Dijon.
Le rôle clé est joué par l'uracile, un métabolite bactérien qui déclenche une réaction en chaîne dans l'intestin larvaire. En provoquant la production d'espèces réactives de l'oxygène (ROS) dépendante de Duox, l'uracile active une population spécifique de neurones sensoriels larvaires exprimant le canal ionique TrpA1. Ce signal précoce façonne ainsi la manière dont la mouche adulte réagit aux signaux bactériens.
Ces découvertes révèlent un lien entre les microbes intestinaux, les signaux développementaux et la plasticité sensorielle. L'environnement microbien vécu tôt dans la vie peut laisser une empreinte durable sur la perception du monde par un animal. En bref, chez les mouches, ce qui se passe dans l'intestin pendant l'enfance ne reste pas forcément dans l'intestin !




